Un des blessés de la Grande Marche du retour marche le long du port de mer de Gaza pour regarder les bateaux prendre la mer
[Hosam Salem/Al Jazeera]
Zakaria Nabhan, de Al-Breij, souhaitait aussi embarquer sur l’un des bateaux, espérant obtenir des soins après avoir reçu une balle dans le genou.
Nabhan s’est fait tirer dessus par les forces israéliennes le 30 mars, alors qu’il manifestait près de la clôture avec Israël dans le cadre des manifestations qui ont duré toute la semaine.
Il est maintenant sur des béquilles et a dit qu’il avait un besoin urgent de soins médicaux, comme des milliers d’autres, piégés à l’intérieur de la Bande.
« Le siège viole nos droits basiques et nos rêves », a dit à Al Jazeera Nabhan, qui souhaite aussi partir pour continuer son éducation, avant que le bateau principal ne prenne la mer.
« Nous avons besoin de passages frontaliers pour partir, nous avons besoin d’hôpitaux qui fonctionnent et d’un accès aux médicaments. »
Nabhan et al-Araysha n’étaient pas sur le bateau principal, mais avaient espéré embarquer sur l’un des bateaux de soutien.
Le mouvement coïncide avec le huitième anniversaire de l’attaque d’Israël sur la flottille turque Mavi Marmara, attaque qui a tué neuf ressortissants turcs alors que leur bateau était dans les eaux internationales.
Les garde-côtes de Gaza étaient sur place mardi, gérant la foule et demandant aux bateaux de ne pas franchir la limite nautique autorisée de crainte d’une réaction israélienne.
Les forces israéliennes ont pendant les quelques dernières semaines attaqué deux bateaux que le comité d’organisation comptait utiliser pour l’initiative.
En 2016, il y a eu 126 incidents au cours desquels la marine israélienne a fait feu sur des pêcheurs palestiniens et leurs bateaux. Cette année, 12 pêcheurs ont été blessés et 121 mis en détention, selon le Centre palestinien pour les droits humains, basé à Gaza (PCHR).
Plus tôt cette année, les forces israéliennes ont ouvert le feu sur Ismail Saleh Abu Riyala, un pêcheur de 18 ans, alors qu’il se préparait pour une nuit de pêche.
Riyala naviguait à trois miles nautiques de la côte de Gaza quand les forces israéliennes ont violemment ouvert le feu sur lui.
« Rompre le siège »
Avant que les bateaux ne prennent le large mardi, une cérémonie inaugurale a été organisée par des membres du comité d’organisation de la flottille qui sont aussi impliqués dans la campagne de la Marche du retour.
Pour montrer leur soutien, des membres de diverses factions, dont le Front populaire pour la libération de la Palestine, le mouvement du Jihad islamique, et le Hamas - le groupe qui gouverne la Bande de Gaza - ont assisté à l’inauguration.
Ils ont dit aux centaines de personnes près du port de Gaza qui y assistaient que le principal objectif du voyage était de « rompre le siège jusqu’à ce que nous obtenions notre droit au retour ». Ramadan al-Hayek, un militant de 30 ans, a déclaré à Al Jazeera que les marques d’agression d’Israël envers le peuple palestinien ne montrent « aucun signe de se terminer maintenant ».
« Aujourd’hui, les passagers, y compris les malades, les personnes blessés et les étudiants vont transmettre leur message en tant que Palestiniens de la Bande de Gaza - à savoir que nous voulons la liberté », a dit al-Hayek.
« Ils s’attendent à être attaqués par des [soldats] israéliens mais ils sont déterminés à atteindre Chypre quelque soient les circonstances », a -t-il dit.
Les organisateurs ont répété que le voyage était une continuation de la Marche du retour, qui a commencé le 30 mars avec des Palestiniens manifestant pour le droit au retour des réfugiés vers leurs maisons et leurs villages, dont ils ont été expulsés par la force en 1948.
Depuis le 30 mars, les forces israéliennes ont tué au moins 120 Palestiniens dans l’enclave côtière et blessé au moins 13000 autres.
En 2007, après la victoire électorale du Hamas et le postulat que le groupe prendrait le contrôle sur le territoire, Israël a imposé un blocus strict de Gaza, par terre, par air et par mer.
Et en 2013, l’Egypte voisine, qui a en grande partie fermé son passage frontalier avec Gaza, a bloqué des tunnels connectant Gaza avec el-Arish en Egypte, coupant la seule autre route hors de la Bande.
Des civils attendent d'embarquer à bord d'un bateau à destination de Chypre [Hosam Salem / Al Jazeera]
Source : Al Jazeera Traduction : CG pour l'Agence Média Palestine