Israël doit mettre fin à sa politique « illégale et cruelle » à l’égard des prisonniers palestiniens
Par redacteur media palestine
Ahmad Al-Bazz / Activestills
La politique mise en œuvre par Israël depuis des décennies, qui consiste à incarcérer des Palestiniens de Cisjordanie occupée et de Gaza dans des prisons situées en Israël et à les priver des visites régulières de leur famille, est cruelle et constitue une violation flagrante du droit international, a déclaré Amnesty International, alors que des prisonniers s’apprêtent à observer une grève de la faim collective qui doit démarrer le 17 avril, à l’occasion de la Journée des prisonniers palestiniens.
Amnesty International a recueilli les témoignages de membres de familles et de prisonniers palestiniens détenus dans le système carcéral israélien, qui mettent en lumière la souffrance endurée par les familles qui sont parfois privées de la possibilité de voir leurs proches détenus pendant de nombreuses années.
« La politique d'Israël qui consiste à incarcérer les Palestiniens arrêtés dans les Territoires palestiniens occupés dans des prisons en Israël est une violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève. C'est une pratique illégale et cruelle, et les conséquences pour le détenu et ses proches, qui sont souvent privés de la possibilité de le voir pendant des mois, voire des années, peuvent s’avérer dévastatrices, a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice régionale adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty International.
« Au lieu de transférer illégalement les prisonniers en dehors des territoires occupés, Israël devrait faire en sorte que tous les Palestiniens qui y sont interpellés soient placés dans des prisons et des centres de détention situés dans les Territoires palestiniens occupés. En attendant, les autorités israéliennes doivent cesser de se servir des restrictions excessives des droits de visite pour sanctionner les prisonniers et leurs familles, et garantir que les conditions respectent pleinement les normes internationales. »
La politique d'Israël qui consiste à incarcérer les Palestiniens arrêtés dans les Territoires palestiniens occupés dans des prisons en Israël est une violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève
Les autorités israéliennes jouent avec nos émotions, elles nous torturent et nous punissent
Selon l'association Addameer, la plupart des habitants de Cisjordanie qui rendent visite à des proches détenus mettent entre huit et 15 heures pour se rendre à la prison, en fonction de l’endroit où se situe la prison et de leur lieu de résidence. Ils sont soumis à de longues palpations et parfois à des fouilles au corps.
« Les autorités israéliennes jouent avec nos émotions, elles nous torturent et nous punissent. Elles cherchent à nous casser, à nous épuiser, jusqu'à ce que nous acceptions de rendre moins fréquemment visite à nos proches en raison de toutes les humiliations, les fouilles, les abus et les insultes imputables aux soldats et aux gardiens de prison », a déclaré « Reham ».
Complément d'information
Outre la levée des restrictions sur les visites des familles, les prisonniers qui vont observer une grève de la faim mettent en avant une série de revendications, notamment un meilleur accès aux soins médicaux ; l'augmentation de la durée des visites de 45 à 90 minutes ; pour les femmes détenues, la possibilité de recevoir des visites sans cloison vitrée, afin que les mères puissent prendre leurs enfants dans les bras ; l'amélioration des conditions de détention, notamment l'allègement des restrictions concernant l'entrée des livres, des vêtements, de la nourriture et d'autres cadeaux apportés par leurs familles ; le rétablissement de centres éducatifs et l'installation de téléphones pour permettre aux prisonniers de communiquer avec leur famille.
Source: Amnesty